Le rapport que j’ai avec ma poitrine est assez complexe, une relation partagée entre amour et haine.

Mes seins sont apparus rapidement lorsque j’étais au collège. Étant déjà grosse, j’associais ce nouvel attribut plus à mon surpoids (et donc à une preuve de plus pour la société que j’étais grosse - pas cool à 13 ans), qu’à ma féminité. C’est au lycée que les choses se sont complexifiées.

Étant plutôt bien dotée - mais toujours grosse -, j’attirais les regards : l’attirance sexuelle des garçons et la jalousie des filles. Cependant, cela ne faisait pas de moi un suffisamment bon parti. S’il n’y avait que mes seins, pourquoi pas. Mais il fallait aussi faire avec le reste de mon corps. Et ça, c’était beaucoup moins possible - du moins pour les garçons de mon entourage. J’essuyais les remarques libidineuses et les regards insistants sur ma poitrine, seule partie de mon corps que la gente masculine daignait considérer.

Pour autant, je n’arrivais pas à me faire à ces seins : trop gros, tombants, avec des vergetures, des gros mamelons. Rien de tout cela n’était à mon goût.

Si j’ai aujourd’hui appris à les mettre en valeur, je ne peux pas dire que je les assume pour autant. Mes deux grossesses n’ont fait qu’augmenter ces traits qui me semblent disgracieux (deux tailles de bonnets supplémentaires en à peine 6 ans, c’est trop pour moi). 

Pourtant, depuis quelques mois, je sens l’envie de les laisser au naturel poindre en moi. Si je ne suis pas encore prête pour le total « no bra » (en dehors des dimanches où je reste en pyjama - ne me jugez pas), il m’arrive de sortir avec « juste » un body sous mon t-shirt (et vous n’imaginez pas le mental qu’il m’a fallu la première fois que je l’ai fait). Et dieu que ça fait du bien ! Ne plus se être contrainte dans une armature rigide, sentir cette légèreté envelopper avec douceur son corps. C’est fou comme une si petite chose change la sensation que l’on a de soi.

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